Nous voulions placer notre premier acte de création à Fouesnant dans le cadre de cette résidence longue durée à L’Archipel sous le signe à la fois de la présence territoriale et d’un théâtre de troupe. Nous revendiquons
la nécessité absolue d’un projet artistique qui rassemble une équipe d’artisans du théâtre et conjugue des savoirs faire : acteurs(trices), costumières, factrice de masques, scénographe, constructeurs de scénographie, plasticiens(nes)… L’enjeu de notre métier, de son avenir, de sa qualité de « production », de son rapport aux institutions, aux diffuseurs, de sa prise en compte des territoires et des populations à qui il est censé s’adresser passe irrémédiablement par notre capacité à mettre en oeuvre des outils qui nous ressemblent, qui nous fassent mieux avancer, mieux travailler et qui soient porteurs de sens. Il faut sortir des modes de production et de diffusion traditionnelles
. Il faut réenchanter le théâtre.
Pour ce premier chantier de création, nous avons voulu travailler sur un texte et un auteur qui nous permette justement d’explorer et d’affirmer des envies artistiques (scénographie circulaire, proximité du public, jeu masqué, présence de musiciens…), de faire un clin d’œil historique à l’origine du théâtre (la Grèce antique, l’extérieur) et de raconter une histoire à la fois universelle et d’une actualité politique toujours aussi brûlante. Voici LYSISTRATA d’Aristophane.
Écrite il y a 2500 ans, en pleine guerre du Péloponnèse (qui va durer 27 ans !), cette comédie cinglante du grand Aristophane raconte l’histoire d’une femme grecque
LYSISTRATA (« celle qui dissout les armées ») qui, exaspérée par les guerres incessantes que se livrent les cités grecques entre elles et donc inévitablement leurs guerriers de maris, convainc les femmes de toutes les cités grecques de s’allier pour mettre fin à la guerre et faire enfin triompher la Paix. Pour cela, elle imagine une solution radicale. Mener une grève résistante. Une grève du sexe :
« Ne faites plus l’amour, et nous arrêterons la guerre ! ». Une grève illimitée jusqu’à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent le combat. Mais le plan de Lysistrata est double. A la grève du sexe, elle ajoute le contrôle économique : les femmes, non contentes de se refuser à leurs époux, s’emparent de l’Acropole (le trésor public des Athéniens) empêchant ainsi les hommes d’entretenir l’armée…
Voici une pièce d’une véritable impertinence politique.
Il y a 2500 ans, Aristophane racontait l’actualité éternelle : les rapports hommes-femmes, la vie quotidienne, la politique, la guerre et la paix, l’inégalité des richesses. Le temps d’une comédie, il accorde le pouvoir à une femme. Non, Aristophane n’est pas démodé. Voici une comédie épique, utopiste, mené par des femmes engagées, survoltées, déterminées et malpolies. Voici une histoire bien vivante, bien méchante, cynique, drôle et poétique. Nous faisons le choix d’un théâtre non réaliste, masqué, jubilatoire, un théâtre qui prend à bras le corps le texte d’Aristophane, véritable matière à jouer pour les comédiens.
Avec
Maria-Adelia
Laurence Bossard
Sophie Brech
Hamidreza Djavdan
Louis Fortier
Katell Fournier
Morgane Peron
Paco Portero
Luciana Velocci Silva
Marie Vidal
Mise en scène, adaptation, scénographie
Yann Denécé
Musiciens
Marcel Jouannaud
Kerfi Trouguer
Création costumes
Marleen Rocher
Création masques
Koba Royer
Création maquillage, coiffes, teinture
Maria-Adelia
Réalisation scénographie
Michel Fagon
Jean-Michel Appriou
Création bijoux et armes
Elena Ant
Couture scénographie
Michèle Duloutre
Création accessoires, patine structure, marionnettes
Jean-Michel Appriou
Avec le soutien de L’Archipel, du Conseil Général du Finistère, du Conseil Régional de Bretagne, de la Drac, de la MPT de kerfeunteun et de l’Espace Culturel Leclerc.
Prochaines dates de spectacles :
Tournée départementale du 15 au 30 juin 2009