Les cuisines du théâtre

Ecole Paul Langevin à Quimper (classe de CM2) du 21 au 25 mai 2007
Institutrice : Michèle Duloutre

C 'est une école de la Zep sur le quartier de kermoysan. Michèle Duloutre, leur institutrice qui est aussi directrice, est une passionnée de théâtre qu'elle pratique en amateur. Les 15 enfants passent une semaine à l'Atelier du Théâtre de Cornouaille autour de la poésie. Aynur et Ali acceptent de dire un poème en turc. Ils sont magnifiques et leur langue nous bouleverse. Jean-Brice antillais, joue les professeurs de diction avec son « geai gélatineux geignant dans le jardin ». Dur de s'écouter. Ici, la violence de la cour de récréation disparaît. On rit, on recadre aussi. On découvre que le théâtre, c'est dur. Les corps se fatiguent rapidement. Alixia ressemble à une princesse africaine dans sa robe blanche. On se tait. Guénolé grimpe tout en haut de l'échelle-lumière accompagné par la « Norma » de Bellini. Tout le monde est ému. Les parents sont invités le dernier soir à venir assister à une restitution du travail de la semaine. Tout le monde est là, papa, maman, grands frères, oncles, grand-père parfois dans ce lieu qu'ils découvrent pour la première fois. Rentrer dans un théâtre. Une fois encore, c'est l'enfant qui fait le lien avec le théâtre. Il n'y a pas de spectacle mais ils assistent silencieux à un travail. Un vrai travail, celui de leur enfant-acteur confronté aux autres, aux exigences, à l'écoute, à ses propres difficultés, à l'humilité. Nous sommes dans les cuisines de l'acteur. On se trompe, c'est normal. On recommence, c'est normal. On avance, on prend confiance, on grandit tout cela sous le regard de tous. Je réalise une fois encore combien l'art et le théâtre en particulier est un outil d'apprentissage à la civilisation. Apprendre à vivre ensemble. On ne peut laisser Sarkozy supprimer les petits îlots qui restent où ensemble, éducateurs, profs, parents, artistes, essayons de construire de l'humain.

Aynur :  Je n'oublierai pas cette semaine car le théâtre nous a fait oublier la peur.

Alixia : Quelque chose en moi a changé. Il y a de la confiance en moi et maintenant je me sens très bien.

Youssef : J'ai appris à imaginer quand on écoute de la musique.

 Istanbulu
Dinliyorum
Gözlerim kapale
Serin serin
Capali çurl
Mahmut pasa
Güvercin
Dolu abulan

(poème turc)


Ali et Aynur écoutant les rumeurs d'Istanbul
En grimpant au paradis
Jean-Brice, papa-poète au théâtre, cogneur dans la cour













Ecole Paul Langevin à Quimper (classe de CM2) du 21 au 25 mai 2007 :
Aynur :
 Je n'oublierai pas cette semaine car le théâtre nous a fait oublier la peur.
Youssef : J'ai appris à imaginer quand on écoute de la musique ».
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