jeudi 18 septembre 2008

LYSISTRATA

"Formidable ! Lysistrata, c'est un peu comme du cirque mais au théâtre !" m'a dit un spectateur rencontré quelques jours après une représentation. Et il avait raison. Oui, Lysistrata c'est d'abord une troupe de 13 comédiens et musiciens qui s'est mis à sillonner le pays fouesnantais en juin avec une roulotte et un camion en déployant une sorte de chapiteau à ciel ouvert dans des lieux insolites et magnifiques de notre territoire : Penn an cap, Porz Meilhou, Park Sant Primel, chapelle St Thomas, Kervouyec... des noms de chez nous pour raconter une histoire qui vient de loin. De cette Grèce d'il y a 25 siècles et qui raconte pourtant une histoire d'aujourd'hui, une histoire éternelle. Il est des textes et des auteurs d'hier qui sont parfois plus modernes que nos modernes. Du cirque mais au théâtre. Oui, Lysistrata transporte avec lui, les "ingrédients" du théâtre que nous aimons : un cercle, une piste, une arène, un espace qui invite à la confrontation, à une histoire. Des spectateurs en grande proximité avec les acteurs, des masques, du maquillage, des costumes, des musiciens, du rire, un théâtre qui rassemble, qui rapproche, qui relie, qui partage, qui interroge aussi. Car derrière la comédie d'Aristophane se cache nos éternels démons : les luttes hommes/femmes, la comédie du pouvoir, les serments non tenus, les utopies envolées... En voyant tous ces spectateurs, enfants, jeunes, adultes, familles assient sur nos gradins de bois inconfortables ou bien dans l'herbe, en les regardant rire ensemble, heureux sous le ciel clément, je me disais que nous étions là, 2500 ans après Aristophane, tout simplement en train de continuer à faire notre métier de théâtre, de passeur, d'artisan du bonheur. Le spectacle n'existe que dans le regard des autres, des spectateurs, de tous ceux qui reçoivent et interprètent en émotions et en émerveillement. Pour ces instants-là, partagés ensemble, je me disais encore que le théâtre est une chance infinie et une aventure humaine des plus précieuses. Merci à vous d'être venus vous asseoir dans notre cirque de théâtre. D'ores et déjà, nous vous invitons à poursuivre l'aventure avec nous cette saison. A tout de suite. Yann Denécé

mercredi 27 février 2008

Stage LYSISTRATA : notes de travail

1ère semaine pour tenter d'ouvrir des pistes, défricher, prendre à bras le corps le texte d'Aristophane, mêler professionnels et amateurs, entrer dans cette démarche qui consiste d'abord, avant de se jeter à corps perdu sur le plateau, à essayer d'avoir des images de ces femmes-là, de ces vieilles-là, de ces hommes politiques-là sachant que, dans ce domaine, nous sommes particulièrement bien servis par l'actualité ! Prendre le temps, le temps de se choisir des costumes, le temps de s'asseoir devant un miroir pour se regarder, prendre du maquillage et commencer petit à petit, humblement, modestement le chemin vers. Une semaine pour réaliser que la comédie est difficile. Aristophane et LYSISTRATA ne supporteront pas le réalisme. Il faut transposer, dessiner, styliser peut-être même cartooniser. Il faut que le corps entier des acteurs soit un masque. Il faut dessiner l'espace, les déplacements dans l'espace, les corps dans l'espace. On essaie des pistes, des femmes dans des robes modernes puis des coiffures de corde empruntées aux peintures et aux scultures grecques. Il ne faut surtout pas aller vers le grec, vers la "reconstitution" en costume d'époque, surtout pas, c'est une évidence. Il faut penser méditerranée au sens large, asie mineure et à aujourd'hui, oui, mais comment ? Il faut penser "cartoon", c'est une comédie cernée par la guerre. Plus j'avance, et plus mes doutes sont abyssaux. Je doute sur tout : le parti pris scénographique déjà très présent, maquillages, masques, certainement l'un et/ou l'autre mais là encore, il faut inventer, sortir de nos références masquées. Quel parti pris esthétique, les costumes, quelles pistes ? Certains amateurs semblent déstabilisés par la démarche du stage. Ils veulent être davantage sur le plateau quitte à rogner sur ce temps de "transformation". Regarder le travail s'écrire dans l'espace ne leur suffit pas. D'autres se jettent dans l'arène, généreusement, sans penser à rien d'autre qu'à vivre ces moments là. Pierre Brulé, professeur d'histoire grecque à l'université de Rennes 2 est venu passer un après-midi avec nous pour nous raconter avec passion le contexte et la situation sociale des femmes athéniennes au Vème siècle avant JC. Terrifiant et passionnant ! Il faut connaître l'Histoire et pourtant lui tordre le cou quand il s'agit d'adapter Aristophane. Car tout pose problème à commencer par les traductions. Procéder par élimination, faire des choix et ne plus en douter, jusqu'au bout...

vendredi 4 janvier 2008

CARMEN... un oeil noir nous regarde !

Le 23 décembre, nous devions inaugurer l’Archipel, le nouveau théâtre de Fouesnant avec le spectacle Carmen. C’était une fête, une joie. Entrer dans un nouveau lieu, inaugurer un plateau, une salle, une résidence. Premier contact avec le public fouesnantais. Premier rendez-vous pour le Théâtre du Miroir. Et puis crac ! Le sort s’abat une nouvelle fois sur Jacqueline, notre chanteuse-Carmen qui devient aphone trois jours avant l’inauguration ! Après une luxation du genou en plein spectacle à Rennes 15 jours auparavant, c’est au tour de sa voix ! Aucune solution de repli possible, pas de doublure donc… annulation. Serrement de ventre et grosse déception pour nous. Le public était au rendez-vous. Il y a une attente, des envies. La salle semble réellement un très bon outil de travail. Carmen est au programme de la première saison. Nous jouerons en avril. D’ici là, croisons les doigts pour que l’œil noir s’éloigne. CARMEN ne peut se permettre un nouveau faux pas. Elle doit être au rendez-vous, entière et sauvage. Bonne année à vous.

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