mercredi 27 février 2008
Stage LYSISTRATA : notes de travail
Par yann, mercredi 27 février 2008 à 22:19 :: General
1ère semaine pour tenter d'ouvrir des pistes, défricher, prendre à bras le corps le texte d'Aristophane, mêler professionnels et amateurs, entrer dans cette démarche qui consiste d'abord, avant de se jeter à corps perdu sur le plateau, à essayer d'avoir des images de ces femmes-là, de ces vieilles-là, de ces hommes politiques-là sachant que, dans ce domaine, nous sommes particulièrement bien servis par l'actualité ! Prendre le temps, le temps de se choisir des costumes, le temps de s'asseoir devant un miroir pour se regarder, prendre du maquillage et commencer petit à petit, humblement, modestement le chemin vers. Une semaine pour réaliser que la comédie est difficile. Aristophane et LYSISTRATA ne supporteront pas le réalisme. Il faut transposer, dessiner, styliser peut-être même cartooniser. Il faut que le corps entier des acteurs soit un masque. Il faut dessiner l'espace, les déplacements dans l'espace, les corps dans l'espace. On essaie des pistes, des femmes dans des robes modernes puis des coiffures de corde empruntées aux peintures et aux scultures grecques. Il ne faut surtout pas aller vers le grec, vers la "reconstitution" en costume d'époque, surtout pas, c'est une évidence. Il faut penser méditerranée au sens large, asie mineure et à aujourd'hui, oui, mais comment ? Il faut penser "cartoon", c'est une comédie cernée par la guerre. Plus j'avance, et plus mes doutes sont abyssaux. Je doute sur tout : le parti pris scénographique déjà très présent, maquillages, masques, certainement l'un et/ou l'autre mais là encore, il faut inventer, sortir de nos références masquées. Quel parti pris esthétique, les costumes, quelles pistes ? Certains amateurs semblent déstabilisés par la démarche du stage. Ils veulent être davantage sur le plateau quitte à rogner sur ce temps de "transformation". Regarder le travail s'écrire dans l'espace ne leur suffit pas. D'autres se jettent dans l'arène, généreusement, sans penser à rien d'autre qu'à vivre ces moments là. Pierre Brulé, professeur d'histoire grecque à l'université de Rennes 2 est venu passer un après-midi avec nous pour nous raconter avec passion le contexte et la situation sociale des femmes athéniennes au Vème siècle avant JC. Terrifiant et passionnant ! Il faut connaître l'Histoire et pourtant lui tordre le cou quand il s'agit d'adapter Aristophane. Car tout pose problème à commencer par les traductions. Procéder par élimination, faire des choix et ne plus en douter, jusqu'au bout...





